Au rayon des films que j’ai vu il
y a plusieurs mois et dont je n’ai pas encore parlé, on trouve « Only God
Forgives » de Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling et Kristin Scott
Thomas.
Comme beaucoup, je ne connais pas
le cinéma de Nicolas Winding Refn (dont
je n’arrive jamais à prononcer le nom par ailleurs), je ne connais que
Drive. J’ai lu de nombreuses chroniques au sujet d’Only God Forgives, et elles
se divisent en deux types de personnes : celles qui sont comme moi, et
celles qui connaissaient déjà bien l’univers de Nicolas Winding Refn. En
général, les premières n’ont pas vraiment aimé, et les secondes s’amusent de la
réaction des premières. Quoi qu’il en soit, la question divise, et mon avis
personnel à tendance à être entre les deux.
D’un côté, j’ai apprécié le film car j’ai admiré le travail de Nicolas
Winding Refn concernant l’esthétique de son film. Les plans sont lents et
beaux, vraiment beaux (même si parfois
les scènes sont assez violentes). J’en ai pris pleins les yeux. J’admire
les réalisateurs qui ont un univers bien arrêté et qui prennent soin de
vraiment travailler selon leur vision du 7ème art. De ce travail de
l’image ressort également une immense tension, palpable durant tout le film, d’autant
plus que le silence presque omniprésent est très pesant.
Cependant, sorti de cela, je n’ai pas vraiment accroché. Je trouve
le film tellement esthétique qu’il en devient inabordable pour beaucoup, car l’histoire
est quasi inexistante, ou plutôt réside dans les silences, les non dits, et c’est
au spectateur de comprendre tous les sens cachés, de comprendre ce que le
réalisateur a souhaité mettre en valeur. Et personnellement, ce genre de cinéma
j’ai du mal. Je trouve que c’est bon pour le 7ème art, mais que ce n’est
pas trop pour moi, et je trouve justement que dans « Drive » Nicolas
Winding Refn avait trouvé l’équilibre parfait entre art et divertissement (je sens que cette dernière phrase va faire
frémir d’horreur les fans de Nicolas Winding Refn, mais je n’ai peur de rien),
mais qu’ici, on retombe dans une sorte de cinéma d’élite, où il faut connaître (et aimer) l’univers du réalisateur pour
réellement apprécier le film. C’est un choix que je respecte, mais qui m’irrite
parfois un peu quand même je l’avoue.
De plus, si Kristin Scott Thomas
est stupéfiante dans ce film (avec un
rôle de mère incestueuse ravissant), j’ai toutes les peines du monde à
prendre la défense de Ryan Gosling, et pourtant ceux qui me suivent connaissent
mon amour immodéré et arbitraire pour l’acteur. Mais dans le film, je trouve
effectivement qu’il n’est pas très expressif, et pourtant d’habitude je le
trouve au sommet de son art lorsqu’il a peu de texte et qu’il s’agit de tout
faire passer par le regard. Mais là, rien.
En résumé, j’ai été séduite par l’esthétique du film, mais non
seulement je ne conseillerai pas le film car je doute qu’il plaise au plus
grand nombre, mais je ne le reverrai pas moi-même non plus.













